Chroniques Powder Mad : folie à Ushguli, au cœur des montagnes géorgiennes

February 17, 2025
Jem Rose

La journée a commencé comme il se doit : un excellent petit-déjeuner chez Nino, accompagné d’un café turc assez fort pour réveiller les morts. Nous nous sommes serrés dans les minibus avec Goga, notre guide intrépide, pour rejoindre Ushguli par ce que l’on pouvait difficilement appeler une route. Ce village compte parmi les plus hauts lieux habités en permanence d’Europe. Après 40 km de lacets, nous avons mis les peaux, fait quelques étirements de yoga et sympathisé avec les chiens du coin. La véritable aventure pouvait commencer.

Il faisait froid, mais nous sommes partis avec entrain dans une face raide à l’ombre, avalant 350 m de dénivelé sous le regard de l’Ushba, cette montagne emblématique de l’autre côté de la vallée. Retrouver le soleil donnait l’impression de remonter à la surface. Pause gourmande avec les trouvailles du bazar de Koutaïssi : pâte de fruits séchée et noix. Parce qu’une sortie ne serait pas complète sans quelque chose d’un peu étrange à mâcher !

Pendant que nous reprenions notre souffle, le terrain au soleil scintillait. Nous pensions être seuls quand des Italiens de ski-alpinisme nous ont dépassés comme s’ils étaient en retard pour un espresso. Nous avons poursuivi, la pente se redressant, puis une longue traversée nous a menés à la dernière montée. Au sommet, une large crête presque plate s’ouvrait, avec des descentes nord encore vierges comme autant d’invitations.

La vue était irréelle. Le Chkhara, à 5 201 m, se dressait au loin parmi les glaciers suspendus et les sommets géants. Mais nous n’étions pas venus uniquement admirer : transition rapide, préparation et départ dans une poudreuse soyeuse et intacte, exactement ce que nous recherchons. Goga surveillait le manteau neigeux et nous guidait un par un sur les 400 premiers mètres de descente. Regroupés dans une zone sûre, nous nous sommes préparés à la pente suivante.

Place à Jamie et au drone : cette descente méritait des images. Chacun s’est élancé dans une neige parfaite, parcourant 600 m de terrain alpin avant de rejoindre les arbres. Là, tout devenait plus étroit, technique et un peu surréaliste. Des bouleaux partout, un labyrinthe à skier en évitant les branches, avec parfois une accolade involontaire à un arbre jusqu’au fond de la vallée.

En bas, le déjeuner s’est transformé en festin : travers fumés, pâte de fruits, noix et tout ce que nous avions déniché au bazar. Puis, les jambes brûlantes et le sourire jusqu’aux oreilles, nous avons remis les peaux pour rejoindre à plat une maison d’hôtes. Ses bières fraîches avaient des airs d’oasis. Encore une heure et demie de minibus vers Mestia, à rire et à revivre chaque virage.

Encore une journée Powder Mad mémorable. La Géorgie a une nouvelle fois tenu ses promesses.